Histoire de Cahors

affiche cahors

Une histoire de Cahors, personnelle.

Antiquité : nul ne peut bafouer la République

Les nombreuses grottes de la région regorgent de vestiges préhistoriques. Par exemple la grotte de Pradayrol et la mystérieuse incisive vieille de 300 000 ans qu’on y a exhumée. Ou la chapelle Sixtine locale : la grotte du Pech Merle. Sous l’Antiquité, ce sont les Cadurques qui peuplent la région. Figure de la résistance à l’expansion romaine, ce peuple celte tient tête à Jules César, mené par son chef Lucterios et le Sénon Drappès. Les deux hommes refusent la défaite d’Alésia et se retranchent, avec leurs troupes, dans l’oppidum d’Uxellodunum, non loin de l’actuelle Cahors. Bien tenté, mais nul ne peut bafouer la république romaine, quoique valétudinaire à l’époque. César mate les insoumis.

Dans l’ère chrétienne, la ville se nomme Divona Cadurcorum. Théâtre, villas, thermes qui puisent leur eau à une quinzaine de kilomètres, au pied de l’oppidum de Murcens. Ou encore amphithéâtres et autres infrastructures attirent de nouveaux habitants. Des vestiges romains sont encore visibles aujourd’hui, notamment l’arc de Diane. Le vin est si apprécié de l’autre côté des Alpes que Domitien eût ordonné d’arracher les vignes lotoises pour faire pousser du blé, se plaît-on à dire. Toujours est-il qu’avec le textile, il constitue la principale activité commerciale de la ville gallo-romaine.

Image dans Infobox.
L’arc de Diane

Moyen Âge

La ville est pillée par les Germains au Ve siècle et ne se relève qu’un siècle plus tard, en 650, lorsqu’est bâtie la première cathédrale. Les expansions arabes, les raids vikings et hongrois du VIIIe siècle n’épargnent pas Cahors. Si la cité continue d’être vivante, notamment grâce aux rôles actifs que jouent les évêques, l’heure n’est pas à la stabilité : ces derniers disputent le pouvoir de la cité aux consuls et aux sénéchaux.

Image illustrative de l’article Jean XXII
Jean XXII, né et grandi à Cahors

L’heure de gloire arrive en 1316 lorsqu’un Cadurcien devient pape. Jean XXII, né et grandi à Cahors, fait beaucoup pour sa ville : création de l’université en 1331, rénovations et projets architecturaux. De sorte qu’à la fin du Moyen Âge, Cahors est un important centre économique que se disputent le duché d’Aquitaine et le comté de Toulouse. Mais la production de vin pâtit de l’influence croissante du bordeaux. Un peu d’histoire de France pour comprendre :


Une histoire du vin

Philippe de France, fils aîné du roi des Francs Louis VI le Gros, n’a pas eu de chance. Alors qu’il a 15 ans et qu’il se déplace à cheval dans Paris, un cochon se précipite sous les pattes de sa monture. Le cheval se cabre et écrabouille le jeune dauphin. C’est donc son frère cadet, censé devenir prêtre, qui succèdera à leur père. Louis VII, dit « le Jeune » devient roi des Francs en 1137, alors qu’il a seulement 11 ans.

La même année, il épouse Aliénor, la belle duchesse d’Aquitaine, et intègre ainsi au domaine royal le riche duché d’Aquitaine, le plus grand du royaume. Le couple, explosif tant sont opposés le caractère de Louis, pieux, très pieux, et celui d’Aliénor, bonne vivante, ne survit pas à la catastrophe de la deuxième croisade. Le mariage est annulé, Aliénor récupère sa dot (le duché d’Aquitaine) et épouse le comte d’Anjou et duc de Normandie, Henri Plantagenêt. Ce dernier est aussi prétendant au trône d’Angleterre.

Le royaume d’Angleterre, en 1154, s’étend donc de l’Écosse aux Pyrénées. Dans les années qui suivent, la descendance d’Henri II, Jean sans Terre et Henri III, rois d’Angleterre, mirent au point le « privilège bordelais ». Il devient interdit de vendre et d’exporter, avant une certaine date, du vin qui ne provienne pas de Bordeaux. Ce privilège durera cinq siècles et dynamisera largement la culture de vigne autour de la région bordelaise, au détriment des vins du haut-pays.

Périodes moderne et contemporaine

Revenons à Cahors, la lésée, la bête noire. Elle se retrouve au cœur des guerres de religion. Encerclée par les troupes de Henri IV en 1580, elle résiste en vain. Le roi de Navarre pénètre dans la ville et s’installe à l’hôtel de Roaldes, qui tire de cette victoire prestige et joyaux. D’une manière générale, le destin de Cahors est étroitement lié à la religion, puisque le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, traversant la ville, a contribué grandement à son développement.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles cependant, la ville décline. Son université ferme, le département du Lot est amputé de ses territoires du sud. En 1838 y naît un homme qui marquera l’histoire de France : Léon Gambetta – député, plusieurs fois ministre, président du Conseil – figure centrale de la Troisième République.

Plus tard, la Seconde Guerre mondiale frappe les Cadurciens dans leur cœur lorsque l’armée allemande occupe la ville en 1942. La cité millénaire fait de la résistance.

Aujourd’hui, l’activité de Cahors gravite autour de l’agriculture, de la vigne et du tourisme. Pour autant, son industrie n’est pas en reste et de nombreux emplois sont créés depuis une trentaine d’années. Beaucoup de festivités culturelles attirent les curieux de la France entière.

Illustration.
Léon Gambetta


Alors, satellite de Toulouse ? Pas vraiment. L’histoire de Cahors révèle une ville libre au caractère bien trempé – comme son vin, et comme Marcus, qui jamais ne déjeune sans son pichet de Cahors, pour se rappeler les parfums de sa ville natale ? Assurément.

Marcus Tullius n’est pas historien et ce texte ne saurait revendiquer la rigueur des ouvrages spécialisés. Vous remarquez une erreur dans cette histoire de Cahors, vous voulez suggérer un ajout ? Merci de lui en faire part en commentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.