Histoire de Marseille

L’histoire de Marseille… c’est l’histoire d’une résistance, d’une insoumission… La cité la plus ancienne de France, Marseille, est plus qu’une ville : c’est une société à part entière.

Antiquité

Avant l’arrivée de colons grecs venus de Phocée, en Asie mineure, qui fondent la cité en 600 av. J-C, des Ligures et des Salyens occupent la région, commerçant déjà avec les Phéniciens, les Étrusques et les Ibères. L’endroit est idéal, abrité du mistral par des collines et proche du Rhône, pour y installer un port commercial. Ainsi naît Massalia. La cité s’empare de plusieurs comptoirs alentour et étend son influence sur la Méditerranée de sorte que des conflits entre Massaliotes, Carthaginois et Étrusques jalonnent le Ve siècle av. J-C. Les premiers vignobles de l’histoire de France voient le jour sur la colline Saint-Charles.

Dès l’Antiquité, Marseille est célèbre pour son caractère rebelle. Ce n’est qu’après un siège de six mois que Jules César parvient à asseoir sa domination sur la ville. Tout au long de la période romaine, le port antique, dont les ruines sont visibles aujourd’hui au Jardin des vestiges, croît considérablement. En parallèle, le christianisme se développe et au Ve après J-C sont bâties les premières cathédrales.

Le jardin des Vestiges
Moyen Âge

La chute de l’Empire romain et les invasions barbares mettent fin à la période gréco-romaine de la ville. Tantôt sous l’autorité des Wisigoths, des Ostrogoths, puis des Francs, foyer de plusieurs épidémies de peste, et victime des fréquents pillages des Sarrasins et des Vikings, la cité phocéenne traverse de longs siècles difficiles. Avant d’être finalement rattachée au Xe siècle au comté de Provence, qui relève de l’Empire romain germanique. Le port et les négociants confèrent à Marseille une indépendance commerciale alimentant les réticences à se soumettre aux divers comtes qui veulent la diriger. En 1423, cependant, les Catalans envahissent et pillent la ville. Mais les Marseillais abordent l’ère moderne avec ambition, relèvent leur cité de ces mauvaises années et relancent les échanges commerciaux tout au long du XVe siècle. La ville est rattachée au Royaume de France en 1481.

Le port de Marseille avec, au loin, Notre-Dame-de-la-Garde
Période moderne

Les rapports avec l’autorité royale sont fluctuants, parfois violents. Si elle fait preuve de fidélité à l’endroit de François Ier et résiste aux troupes du Saint-Empire romain germanique après les guerres d’Italie perdues par le roi de France, elle se tourne vers l’Espagnol Philippe II à la fin du XVIe siècle.

En 1599 est créée à Marseille la première chambre de commerce dans le monde : quatre négociants sont nommés chaque année pour surveiller les affaires. La paix revient avec le Royaume de France. Pour autant, l’excellente santé de son commerce renforce son désir d’autonomie, au point qu’en 1660 les consuls royaux sont chassés de la ville. Réponse immédiate de Louis XIV, qui entre manu militari dans la ville. L’édit de Colbert en 1669 lui assure le monopole du commerce au Levant. La cité s’étend toujours, se modernise et prospère en variant ses activités : soieries, faïences, etc.

En 1720, une épidémie de peste éradique la moitié de la population. Afin de redresser la démographie, on exhorte à des immigrés de s’installer à Marseille. La tradition cosmopolite de la cité phocéenne se perpétue. Et le siècle des Lumières amène son lot d’institutions culturelles : opéra, académies de musique, de sciences et de belles lettres. Jusqu’à la Révolution.

L’opéra de Marseille, construit quelques années avant la Révolution
Rebellion

En 1792, les révolutionnaires ont besoin d’aide à Paris pour combattre la monarchie et leurs alliés, les Autrichiens. Alors que Marseille organise un banquet pour célébrer le bataillon de 500 volontaires qu’elle s’apprête à envoyer en renfort, un général de brigade, François Mireur, chante une nouvelle chanson de guerre venue d’Alsace : les volontaires l’adoptent et la reprendront en chœur une fois arrivés dans la capitale : ce chant deviendra La Marseillaise, hymne national de la France. Les Marseillais sont des héros de la Révolution… pour un an et demi.

Car en 1794, Marseille est débaptisée. La désormais « Ville sans nom » est, au goût des jacobins, trop fédératrice. Ce n’est que le prélude à un demi-siècle de résistance : contre Napoléon, contre Louis XVIII et Charles X, puis, pro-républicaine, elle initie les révoltes françaises de 1848. En 1892, elle vote en faveur d’une municipalité socialiste. Bref, Marseille traverse le XIXe siècle avec, d’un côté, un développement industriel, économique et urbain sans précédent, et de l’autre, une opiniâtreté à refuser la soumission à un régime politique national.

Vingtième siècle

Fidèle à ses origines, la ville se voit accueillir toujours plus d’immigrés au début du XXe siècle : Arméniens, Grecs, Italiens ou Juifs. Une diversité qui entache la réputation de celle que l’on appelle désormais la « Chicago française » ; au point que les quartiers du Vieux-Port sont détruits, pour l’exemple, par les Allemands en 1943. Le motif : les clandestins qui y résidaient. Le port de la ville était, jusque-là, le principal lieu de transit de la France libre, où s’étaient réfugiés intellectuels, artistes et résistants.

L’« âge des extrêmes » continue de courir et, la guerre d’Algérie finissant, près de 100 000 Maghrébins s’installent dans une Marseille déjà victime d’une grave crise économique du fait des mutations industrielles de l’après-guerre. La ville traverse des Trente Glorieuses difficiles : si Gaston Defferre, son maire mythique, inaugure des installations inédites et importantes, les blocs de béton fleurissent et la bourgeoisie fuit. L’économie s’essouffle. Le climat se tend.

Depuis les années 1990, c’est dans la culture que Marseille puise sa force. La modernisation et le rattachement, grâce au TGV, aux autres capitales régionales ont suscité un regain d’intérêt pour la ville. Forte de son expérience de plus de deux mille ans de cosmopolitisme, Marseille accueille le projet Euromed, en cours et initié dans à la fin des années 1990. L’objectif : faire de Marseille le pôle central des échanges entre l’Europe et le pourtour méditerranéen, en pleine expansion économique. 

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Le stade Vélodrome
Le rêve marseillais

Marseille, c’est un peu l’histoire d’un rêve. Les habitants de cette ville unique, magique, ont rêvé de vivre ensemble, de construire ensemble, d’où qu’ils viennent. Ce qui les lie entre eux, c’est la convivialité, la solidarité, leur équipe de foot, l’Olympique de Marseille et leur légendaire stade Vélodrome. Leur liberté.

Visible de n’importe quel coin de celle que l’on nomme la « ville rebelle », la basilique Notre-Dame-de-la-Garde veille. La « Bonne Mère », du nom de la Vierge perchée tout en haut du clocher, est un chef d’œuvre d’architecture romano-byzantine. Elle se dresse là où, en 1536, François Ier avait construit un fort pour lutter contre le Saint-Empire romain germanique et Charles Quint. À l’intérieur, ce sont 12 millions de tesselles qui composent 1200 m2 de mosaïque.

Marcus Tullius n’est pas historien et ce texte ne saurait revendiquer la rigueur des ouvrages spécialisés. Vous remarquez une erreur, vous voulez suggérer un ajout ? Merci de lui en faire part en commentaire.

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