C’est quoi, Marcus Parve ? Voici quelques informations :

Marcus Parve

Marcus Parve (c’est un pseudonyme, parve veut dire « petit » en latin, parce qu’en réalité, il est habité par une grande modestie ), Marcus Parve, dis-je, conçoit. Il va de ville en ville, à l’affût des couleurs et des formes, pour imaginer des illustrations audacieuses, originales, qui saisissent quelque chose qui nous échappe. C’est aussi lui qui, avec minutie, joue le rôle d’ouvrier-typographe au sein de la manufacture. En d’autres termes, il imprime vos affiches et les empaquette (toujours avec minutie, attention !). Et il organise leur acheminement jusqu’à chez vous.

Marcus Tullius

Marcus Tullius est l’ami de Marcus Parve. C’est un pseudonyme, là aussi. Son travail, c’est de regarder les affiches de l’autre Marcus, et d’écrire ce qui lui passe par la tête. Et parfois, d’écrire « soigneusement imprimé sur du papier lustré 250 g/m2). Et peut-être aussi pour le référencement.

Une histoire (personnelle) de l’affiche

Affiche = mur + message

C’est à peu près ça. Une structure vaguement verticale, comme on en trouve dans les agglomérations, et un message, c’est amplement suffisant. Avant l’imprimerie, les hommes usent de leur stylet, de leur marteau ou de leur ongle pour s’exprimer sur les murs de Babylone, d’Athènes ou de Rome. C’est pertinent, à hauteur des yeux, et indélébile. La réclame écrite apparaît, sous la forme de promotion pour une pièce de théâtre par ci, d’avertissement d’un chien dangereux par là. Mais ces messages, en toutes lettres quand seule une fraction de la population sait lire, restent confidentiels et longs à fabriquer. Un bon vieux crieur public reste plus efficace.

L’invention de l’imprimerie au XVe siècle change la donne. Moins d’un siècle après, la « réclame », simple feuille collée sur un mur, a investi le paysage urbain. C’est facile, pas très cher, et ça permet de promouvoir un produit ou un service, et bien sûr de s’exprimer. En 1534, François Ier n’apprécie d’ailleurs pas trop le texte anticatholique qui recouvre tous les murs de France et de Navarre. L’affaire des Placards entraîne, en sus de quelques feux de bois pour les apostats, le monopole royal du droit d’affichage. Bientôt réglementée, la pratique s’installe dans les habitudes et devient un canal de communication majeur.

La technologie au service de l’art

À la fin du XVIIe siècle, la lithographie rend possible l’impression couleur et de plus grand format. La technologie progresse, les prix baissent, des métiers apparaissent.

Il faut attendre la fin du Second Empire pour que l’affiche décorative s’installe dans les habitudes. Parmi de nombreux lithographes, Jules Chéret, qui fournit en réclames des marques de cosmétique, de vin, de cigarettes ou des cabarets. L’exposition universelle de Paris, en 1889, assoit la légitimité de cet art mineur qui ne tarde pas à inspirer de nombreux artistes. Ainsi, les plus grands peintres tâtent de la presse : Toulouse-Lautrec (lien vers ses affiches), Leonetto Capiello, Eugène Grasset, Alphonse Mucha. Et c’est à Paris que ça se passe : la capitale française est aussi celle de l’affiche imprimée, durant toute la Belle Époque. Et elle s’exporte.

Plus tard viendront les affiches de cinéma et l’Art nouveau. Puis une litanie d’écoles, de mouvements, d’usages variés, à but politique, commercial, poétique, littéraire, artistique.

Car oui, une affiche, c’est un mur + un message, et qu’est-ce que l’humain, sinon un animal qui s’exprime un peu plus que les autres ? Une affiche, c’est une pensée, un sentiment, une sensibilité, bref une partie de soi que l’on décide de figer dans le temps. Et de partager avec les autres, qui la contempleront, debout dans votre salon, votre chambre ou votre entrée, en se demandant ce qu’elle dit de vous.

Pour aller plus loin :

Ernest Maindron, Les Affiches illustrées, 1886

Charles Hiatt, Picture Posters: A short history of the illustrated placard, 1896

Un documentaire (en anglais) sur les affiches illustrées de la Belle Époque

Un documentaire sur l’expression graphique (en anglais)

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